Brasserie CARABO : Les p’tits voyous de Saint-Judoce

Toc ! Toc ! La porte en bois s’ouvre sur l’ancien atelier de charron de Saint-Judoce et ses 5 mètres de hauteur de plafond. « Bienvenue chez CARABO ! ». Justine et Ludo nous accueillent dans leur brasserie.
« Depuis 2016, nous nous retrouvions une fois par mois avec la Brasserie Associative du Canal pour fabriquer et boire notre propre bière. Nous avons eu envie de vivre de notre passion. Nous avons investi cet atelier et démarré notre activité en 2021. »

Pour devenir brasseur, il faut d’abord aimer la bière. Aimer la déguster et aimer en parler.
« Pour faire de la bière, il faut du malt (d’orge, de blé, d’avoine, de sarrasin…), du houblon, des levures… et de l’eau bien sûr. Le malt, c’est la base. Et c’est aussi ce qui donne la couleur : de blanche (beaucoup de blé) à noire, en passant par les blondes et les ambrées. Les levures permettent la fermentation, c’est-à-dire la transformation du sucre en alcool. Le houblon donne l’amertume, les saveurs… ».

Concasser le malt, brasser, chauffer, puis laisser fermenter pendant quelques semaines… voilà le travail du brasseur. En résumé. Parce que dans la réalité, c’est beaucoup plus complexe et subtil :
« En fonction de la bière qu’on souhaite faire, on procède par expérimentations successives. Lorsqu’on est satisfait du résultat, il faut stabiliser la recette afin d’être capable de reproduire la même bière. On peut jouer sur un nombre important de paramètres : les malts, les houblons, les températures, les durées… ».

Les bières CARABO constituent le dernier maillon d’une filière de production locale et régionale.
« Nous achetons une part de notre malt d’orge bio à la Ferme des Aulnays à Évran. L’orge est maltée à la Malterie Chnouff, à Feins, où nous nous approvisionnons pour le reste de notre malt également. Les houblons proviennent de Sibiril dans le Finistère ou de Bignan dans le Morbihan. Autrefois les houblons, comme d’autres semences, étaient produits sous licence américaine. Aujourd’hui les houblonniers français produisent leurs propres variétés. »

Moins de 25 kilomètres.
« Toutes nos bières sont vendues dans un rayon de moins de 25 kilomètres autour de Saint-Judoce. Principalement dans les épiceries locales, sur les marchés, dans les bars, les restaurants et en cave. Mais également dans l’épicerie participative ‘zéro marge’ de l’Eprouvette à Saint-André-des-Eaux… ou bien encore sur le marché ambulant de l’Association Bien Vivre en Bretagne Romantique (BVBR). Et surtout nous assurons une vente directe chaque vendredi soir, à la brasserie, de 17h à 19h. »

Zéro déchet ?
« Les drêches, déchets organiques issus du malt, sont donnés aux cochons du coin : ils adorent ! Enfin, les bouteilles récupérées sont collectées et retraitées (tri, lavage…) par DISTRO (Plérin), acteur du réemploi des bouteilles en verre en Bretagne. »
Pensez à rapporter ou faire rapporter vos bouteilles…

Des projets ? Justine et Ludo réfléchissent.
« Continuer de prospecter des lieux de distribution pour développer notre activité autour des 25 km. Obtenir la certification bio. Et s’équiper sereinement du matériel nécessaire à la mise en fûts de la bière pour les particuliers et les événements locaux.

A bientôt les carabo ! Au fait, avant de partir, ça veut dire quoi « carabo » ?
«’P’tit voyou, tête de mule’… en gallo. Par ici, certains anciens se souviennent que, gamins, on les traitait parfois de ‘maodit carabo’ ! »

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