Genèse du projet

L’idée d’impulser une dynamique citoyenne à l’échelle du territoire de la Communauté de Communes de la Bretagne Romantique était en gestation depuis déjà quelques mois quand la crise sanitaire est venue percuter le réel des habitants et accélérer la mise en œuvre de ce projet. Il s’agissait bien là de répondre dans l’urgence aux besoins des habitants : échanges d’informations, organisation de distributions alimentaires en lien avec les producteurs locaux, soutien aux habitants ont été les axes prioritaires dès le mois de mars 2020.

A l’instar des premières réalisations, l’idée est maintenant de bâtir de vraies stratégies de proximité en collaboration avec tous les acteurs du territoire, en terme de qualité de vie, d’échanges et de collaboration ville-campagne ou campagne-village. 

Les grandes lignes de nos intentions

  • Relier les différents acteurs du territoire entre eux, les habitants avec leur milieu de vie, compléter la cohérence de chacune des initiatives entre elles pour dessiner les manières d’habiter son territoire demain.
  • Amplifier à partir des initiatives locales existantes, mutualiser, mettre en place de nouvelles collaborations.
  • Renforcer en participant au fléchage de la production alimentaire de nos bassins de vie sur la consommation de ses habitants dans une perspective de souveraineté alimentaire. Renforcer le sens des responsabilités des habitants que la qualité de leur milieu de vie, du paysage, de l’eau, du sol et de l’air. La qualité de ce qui nous relie au monde qui nous entoure ( lien social, lien nature, biodiversité, environnement)
  • Innover en imaginant des actions concrètes sans limiter les champs d’investigation. Ne se donner aucune limite dans ce que l’on imagine pour demain pour favoriser le bien vivre à l’échelle du bassin de vie.

Les objectifs de BVBR

Recenser et diffuser l’information

Groupe Facebook (Corto, Jacques et Carine)

Avec près de 1400 participants, le groupe FaceBook BVBR est devenu un espace d’information incontournable pour les habitants du territoire et est plutôt représentative de l’ensemble du territoire de Bretagne Romantique, même si la partie Est est peut être encore légèrement sous-représenté. Dans tous les cas, après pondération, on peut estimer que le groupe touche entre 15 et 20% de la population du territoire.

Après une activité soutenue pendant la période de confinement d’entraide et d’information, le groupe continue de diffuser des informations locales, de faire lien et d’inviter à la reflexion, l’échange et l’entraide. Son évolution se fait naturellement et les habitants semblent s’approprier l’outil qui est devenu familier. Il est comme une courroie de transmission dans les deux sens, puisque l’information communal d’interêt intercommunal y est relayé, de même que plusieurs communes partagent également l’informatiion et l’actualité du groupe. C’est également un espace d’échanges dans tous les domaines de la vie quotidienne. Les publications font l’objet d’une modération très large dont il faudra revoir les critères en affinant les objectifs du groupe.

Création d’une base de données d’informations locales (Anne et Virginie)

Pour valoriser les expériences et réalisations locales et favoriser la coopération, il semble important de procéder dans un premier temps à un recensement de l’existant sur le territoire. Une compilation sous forme de base de données a été faite à partir des nombreuses informations qui ont transité via le groupe Facebook (120 occurrences dans les thématiques suivantes : commerces alimentation, jardinage-bricolage, restauration, culture ,vie quotidienne, activités physiques, services, marché ambulant…).

Compléter cette base de données est envisagée. Elle serait utilisée pour alimenter des dossiers thématiques visant à valoriser l’existant. Il convient cependant de déterminer les critères des données à recenser, le mode d’alimentation et de mise à jour. Alimenter la base de données en mode participatif pourrait être une option.

Smiile : une application dédiée au territoire (Sam)

L’idée était de trouver une application permettant de regrouper les propositions / offres / communications / événementiels à l’échelle du territoire. Smiile est une application développée par une start-up malouine qui est déjà en fonctionnement et qui répond à de nombreux critères. Il serait possible d’avoir un espace spécifique BVBR (moyennant financement) qui permettrait de définir une ligne éditoriale propre à BVBR en déterminant les contenus. Dans ce cas, BVBR serait propriétaire des contenus.

Organisation et promotion des circuit courts alimentaires

Organisation de la vente directe (Corto, Jacques…)

Dans la période de confinement, les difficultés approvisionnent ont été mises en exergue : les circuits courts actuels ont joué le jeu, mais sur la durée ne sont pas capables d’assurer l’approvisionnement des populations sur le territoire. Beaucoup se sont repliés sur leur clientèle historique. La production n’est pas fléchée sur les territoires selon les besoins des habitants et c’est un des objectifs de BVBR de réfléchir aux outils à développer pour flécher une production au service de la souveraineté alimentaire à l’échelle du bassin de vie de la Bretagne Romantique.

Un marché ambulant a été organisé permettant de rapprocher les producteurs des consommateurs. Si ce système a bien fonctionné pendant la crise sanitaire, il faut cependant l’adapter à la reprise des activités de chacun, dans le respect des marchés existants. Il reste un outil interessant aux multiples avantages autour duquel nous souhaitons fédérer et coordonner plusieurs initiatives déjà existantes.

Idées :

  • Portail de producteurs avec commande en ligne
  • Vente ambulante avec un véhicule dédié
  • Mettre en place des relais locaux de distribution (personnes âgées à leur domicile?)
  • Vente selon le modèle de Terra Phoenix (www.facebook.com/TerraPhoenix35/)

Accompagner et promouvoir les producteurs locaux (Ronan, Paysans Bio Bretagne Romantique)

Dans les 5 ans à venir, le devenir des terres agricoles est inquiétant. Beaucoup de terres risquent d’être regroupées et revendues à de gros exploitants dont la production ne sera pas fléchée sur les besoins locaux. La question clé est le maintien et le développement des producteurs sur le territoire. Actuellement, une vingtaine de producteurs locaux avec une moyenne de 50 hectares. La question est de savoir comment les soutenir et favoriser la reprise d’exploitation. L’une des priorités serait dans un premier temps de recenser tous les producteurs proposant de la vente directe.

Idées :

  • Réussir à quantifier une production apte à nourrir un territoire de 37 000 hab ( maraîchage, œufs, élevage… ). Sensibiliser et accompagner les producteurs aux bienfaits du fléchage local et faire le lien avec les habitant pour imaginer de nouveaux modes de distribution et/ou de co-production en intégrant la récolte directe par les habitants tels que cueillette / glanage.
  • Promouvoir la préparation de plats préparés à partir de produits locaux transformés puis commande et distribution en hub sur des points stratégiques ( parking de co-voiturage…).

Ressources :
Terre de liens Bretagne accompagne les initiatives d’accès collectif et solidaire
PAT (Plan alimentaire territorial)
CIVAM http://www.civam-bretagne.org/

Idées de financement

Recours à des systèmes de micro crédit avec entreprises locales au service de l’investissement nécessaire à la mise en place de ces projets.

Autres expériences locales intéressantes

  • Collectif Bécherel / Jardin partagé / Marie-Colette
  • Aidés par un agriculteur qui a préparé le champ, des habitants ont cultivé ensemble. Projet d’un verger de village.
  • Théâtre de Bécherel – Café-citoyen et participatif
  • Equipe d’habitants soudée en 2 ans, groupement d’achats en projet.
  • Essayer de regrouper les initiatives locales du territoire.
  • Jardin d’Ana ( Hédé)

Impulser et organiser le paiement avec une monnaie locale

Différends acteurs du territoire issus de l’artisanat, de collectifs associatifs dont le collectif « Il est temps » ont lancé une réflexion en décembre 2019 sur l’interêt d’une monnaie locale, telle que Galleco, à l’échelle du territoire. Prisca Trochu explique la démarche et les avancées de ce groupe. Une sensibilisation a été initiée par un café-citoyen, un ciné-débat (au Barzouges). Il est important que les professionnels acceptant une monnaie puissent la changer sans aller à Rennes, d’où la nécessité de mettre en place un comptoir de change sur le territoire. Le groupe poursuit son travail d’enquête avec notamment une rencontre avec les organisateurs de la monnaie locale à Redon début juillet. L’intérêt de BVBR pour la mise en place d’une monnaie locale et pour une coopération avec ce collectif sont réaffirmés. Une monnaie locale contribue à forger l’identité d’un territoire.

Pistes de réflexion pour BVBR :

  • Paiement aux associations/collectivités locales en monnaie locale.
  • Monnaie numérique
  • Bureau de change en local  permettant aux commerçant de changer aisément la monnaie locale en euros.

Système Echange Local SEL

Sur le territoire, il existe un SEL à Combourg. Chaque adhérent dispose d’un carnet d’échange qu’il remplit en toute autonomie à chaque échange. Malika explique qu’il est important que les adhérents soient dans une proximité géographique : la distance ne favorise pas les échange et induit un coût supplémentaire. De la même façon, ce système repose sur l’interconnaissance : le seuil de 200 membres est un repère qu’il faut éviter de dépasser. L’AFEL a aussi le projet de développer un SEL sur les 11 communes où elle est implantée  mais la réflexion n’a pas abouti par manque de temps. L’adhésion a un système d’échange local offre aussi l’opportunité d’adhérer à la route des SEL (pour échanger des maisons).
https://route-des-sel.org/

La mise en place d’un SEL est un axe de travail incontournable pour BVBR. L’échange de compétences, de savoirs et de biens favorise le lien entre les habitants et introduit une économie parallèle qui va tout à fait dans le sens des priorités du groupe.

Il peut être opportun de mettre en place plusieurs réseaux locaux, en lien avec les modes de circulation des habitants pour limiter les distances à parcourir et en s’appuyant sur l’existant.

Culture et social : organiser, mutualiser et promouvoir

Offre culturelle / mutualisation

Sève fait part de la démarche d’Artoutaï qui promeut une délocalisation de la culture en tout point du territoire, avec une attention particulière dans les petites communes.

Il est plus que jamais nécessaire de mutualiser, de partager les compétences, les salles, le matériel pour optimiser l’offre. La première étape pourrait être le recensement des structures / intervenants / matériel. Anne Hayé signale qu’un état des lieux des acteurs culturels est en cours au niveau de Hédé-Bazouges. Il serait intéressant de l’étendre à tout le territoire.

Exemple de mutualisation :
OCAVI sur le Val d’Ille d’Aubigné : l’Office Communautaire des association du Val d’Ille d’Aubigné (ressources mutualisées aux associations)

Exemple du projet du théâtre de Bécherel ( Alice) : projet culturel/citoyen/social qui s’invente en collaboration, selon les préceptes de l’éducation populaire et avec une gouvernance participative. Une quarantaine de personnes programment et définissent le projet au fur et à mesure. La rénovation écologique et durable du lieu est en cours.

Autres structures génératrices de lien social

Malika et Pierre présentent Familles Rurales à Dingé et l’AFEL à la Chapelle-Chaussée (centres sociaux financés par la CAF).
La dimension sociale de ces deux structures est très forte : faire par, avec, et pour les habitants. Le mode associatif induit une grande liberté dans les choix de projets et d’actions. Le 3ème âge pourrait être l’une des cibles prioritaires dans les années à venir, en lien avec l’évolution sociétale.
Un projet « Défi Foyer à alimentation positive » est en prévu à l’automne 2020 par la Communauté de Communes Bretagne Romantique et Agrobio35 en partenariat avec Familles rurales pour permettre aux familles d’aller vers une alimentation plus saine et plus locale. Une soixantaine de familles seront concernées et accompagnées par l’une des 4 structures partenaires du projet.

Une table ronde est prévu le mercredi 16 septembre à la salle de conférence du Lycée Chateaubriand de Combourg à 19h30, s ur le thème de la transition et l’autonomie alimentaire. 
Avec Blaise Berger de Terralim( https://www.rmt-alimentation-locale.org/covid-19-et-alimentation), et Jean-Luc Toullec , qui a longtemps travaillé dans l’enseignement agricole et sur l’environnement, et qui est à l’initiative d’un SCIC à EPINIAC , au hameau de la Bigotière. 

Autres pistes à explorer :
Glanage solidaire / Pôle ESS Saint Malo. https://glanage-solidaire.fr/

Portraits des producteurs / personnes sur le territoire / Corto

Pour développer une identité de territoire, il serait intéressant de faire les portraits d’habitants ( producteurs locaux / personnes âgées ou les invisibles du territoire ?) sous la forme de captures vidéos / photos / entretiens par exemple.

Exemples de projets :
Brin d’herbe https://brindherbe35.fr/
Portraits livrés CC Saint-Méen-Montauban :

https://fr.calameo.com/read/000805757dbca072e924f
Portraits de centenaires à Hédé

Il convient de mettre en place un groupe qui piloterait ce projet et en élaborerait le cahier des charges (répartition territoriale, quelle forme rédactionnelle et technique, quels partenaires… ) et en assurerait la mise en œuvre.

Décliner la mobilité sous toutes ses formes

Sentiers / randos / mobilité douce

Existant :

  • Club VTT de St Domineuc
  • Associations visant à entretenir et valoriser les sentiers de randonnées (Queb Rando à Québriac, création d’une association à Hédé, Chemin et nature à Saint-Brieuc des Iffs)

Communes reliées par sentiers

L’idée serait que chaque commune du territoire puisse être relié à ses communes voisines au moins par un sentier. Ce mode de déplacement permet de renouer avec la campagne comme un espace social à partager, à découvrir, à connaître. Il permet aussi de se ré-enraciner et de s’approprier les paysages. En outre, cette circulation douce favorise aussi cueillette et glanage, à la condition que le fauchage et l’entretien soient différenciés. Pour mettre en place un tel projet Il convient d’y impliquer tout à la fois les communes, les habitants, l’intercommunalité et solliciter et convier les éventuels programmes existants participant au financement des projets de transports doux.

Idée: chaque chantier d’entretien des entiers pourrait être compatible avec le SEL (s’inspirer du système des “corvées” effectués par les habitants déductibles des impôts)

Ehop : covoiturage

Cette association basée à Rennes existe depuis 2002, visait dans un premier temps à l’organisation du covoiturage domicile-travail au départ (Ouest-go.fr)
De nouveaux services sont en expérimentation sur trois territoires dont la Bretagne Romantique (½ Equivalent Temps Plein). L’idée est alors de partager les trajets du quotidien, par la mise en relation des conducteurs et des passagers. Actuellement 120 habitants ont déposé leurs trajets quotidien. Il est important de promouvoir ce service pour augmenter les offres et les demandes.

BVBR va s’associer à la promotion de ce service, qui entre tout à fait dans les objectifs du groupe.


Présentation du groupe de travail

Le groupe de travail a été mis en place à l’initiative de Corto Fajal dès le mois d’avril pour inscrire la réflexion sur le long terme et se projeter dans l’après-confinement. Une trentaine de personnes ont répondu favorablement, représentant déjà un certain nombre d’associations et de dynamiques locales instaurées. Les premiers échanges ont permis de se mettre d’accord sur les thématiques et de réfléchir à la forme que pourrait prendre « Bien Vivre en Bretagne Romantique ». La réunion du 13 juin a réuni une vingtaine de participants, favorisant l’inter-connaissance et permettant de fixer les objectifs de travail du groupe.

Participants :

Jacques Borde, William Duhautbois, Karine Guérin-Duhautbois, Corto Fajal, Gilles Gonon, Anne Guillet, Anne Hayé, Pierre Imbert, Sève Laurent-Fajal, Alice Lamy, Xavier Lemaire, Virginie Lescop, Claude Le Verre, Ronan Marquet, Yves marquet, Marie-Colette Michel, Karine Pineau, Eric Pineau, Guillaume Pouteau, Anne des Prairies, Malika Teneur, Prisca Trochu, Sam Verlen, Laure Goude-Vénien…


Quelle forme juridique pour BVBR ?

L’idée serait de créer une association dans un premier temps pour ensuite envisager une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC). L’intérêt d’une telle structure est de permettre l’adhésion à la fois d’habitants du territoire mais aussi des associations et des collectivités locales. Une réflexion est en cours pour adapter les statuts de la future association aux enjeux et objectifs du collectif à travers ses 4 mots clefs ( ci-dessus). Elle se veut donc une structure opérationnel, active, réactive et souple.

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