Gazette de BVBR N°16 – Janvier 2026 À la une La gazette de BVBR EditoLe pari de Pascal Et si nous commencions l’année avec philosophie ?Connaissez-vous le pari de Blaise Pascal ? Ce mathématicien et philosophe du XVIIe siècle proposait un raisonnement simple face à l’incertitude de l’existence divine : puisqu’on ne peut la prouver de manière indéniable, autant parier qu’elle existe. Si on se trompe, on ne perd rien d’essentiel : on aura juste mené une vie vertueuse en laissant de côté le vice, l’avarice et tous les péchés qui nuisent à soi-même et aux autres, au profit d’une vie bonne faite d’empathie, d’entraide, de charité et d’attention pour l’autre. Si on a raison, on gagne sur tous les tableaux : une vie vertueuse et éclairée par la joie de vivre et l’attention à l’autre, avec en plus le salut éternel et le bonheur infini. Un calcul très pragmatique, presque comptable, où l’enjeu du pari « perdant » est dérisoire face au gain potentiel. Le pari du local En cette nouvelle année 2026, pourquoi ne pas faire un pari similaire ? Parions sur la vitalité de nos territoires, sur une dynamique sociale et économique locale. Si nous misons sur les circuits courts, l’entraide de proximité, la préservation de nos bocages, la valorisation de nos savoir-faire, la capacité de nos milieux de vie à nourrir autant le corps que l’esprit : que risquons-nous ? Si nous nous trompons: si finalement le système globalisé reste stable, si les crises ne viennent pas; qu’avons-nous perdu ? Rien ou presque. Nous aurons juste vécu mieux, mangé mieux, respiré mieux, bu une eau de meilleure qualité, partagé davantage. Nous aurons tissé des amitiés, appris des gestes utiles, pris soin de notre environnement immédiat. Nous aurons gagné en qualité de vie, en santé, en sens, en avenir. Si nous avons raison: si les crises annoncées se confirment : climatique, énergétique, sociale, géopolitique; nous avons tout à y gagner: une vie riche de liens et de sens, une résilience alimentaire, une autonomie qui nous préserve en partie des conséquences globales, un territoire vivant qui nous nourrit. Nous aurons les outils, les réseaux, les savoir-faire pour traverser les tempêtes. Le pari inverse Imaginons maintenant le pari de la croissance infinie sur une planète finie, celui où la technique et les sciences permettront de tout résoudre : pollution de l’air, de l’eau, des sols, destruction du vivant, énergie infinie et bon marché, équilibre social et relations internationales pacifiques. Un pari où nous pouvons continuer à extraire, produire, consommer, émettre sans limite. Si ce pari s’avère gagnant dans ce rythme effréné, jusqu’à quand peut-il l’être ? Nous rend-il vraiment plus heureux, plus insouciants, plus apaisés ? Et qu’aurons-nous gagné pour les générations à venir ? Si ce pari échoue: et de plus en plus de signaux nous le montrent : dérèglements climatiques, effondrement de la biodiversité, épuisement des ressources, tensions internationales croissantes, nous perdons tout. Nos enfants perdent tout : des océans vivants, des forêts qui respirent, un climat stable, des sols fertiles, des espèces qui ne reviendront jamais, un monde sûr et en paix. Il suffit de regarder autour de nous : haies arrachées, bocages disparus, déséquilibre de la faune et de la flore, canicules qui s’installent, sécheresses qui s’intensifient, pollution généralisée de l’eau, des sols et de l’air. Tous les signaux montrent que ce pari-là est en train d’être perdu. L’évidence du choixFace à cela, le pari du local est déjà une manière d’agir, de contrer et d’atténuer au quotidien les effets délétères de ce pari risqué. Si ce choix s’avère excessif, nous aurons juste vécu dans un monde avec plus de haies, plus de bocages, plus d’espèces vivantes, moins de pollution, plus d’air et d’eau purs, plus de liens humains. Si ce choix s’avère nécessaire, nous sauvons l’essentiel : un territoire vivant et résilient, un esprit de solidarité, des liens solides pour ceux qui viennent après nous. Des réalités vécues, des gains tangibles, mesurables en sourires, en légumes frais, en sentiers partagés. 2026 : l’année du choix local Cette année est aussi celle du moment de démocratie locale le plus important : nous choisissons celles et ceux qui décideront de l’avenir de notre territoire. C’est l’occasion de donner du sens à nos citoyennetés individuelles en exprimant à travers ce scrutin ce dont nous rêvons pour nos communes et notre territoire de Bretagne Romantique. Le local n’est pas un repli. C’est une ouverture sur le réel, sur ce que nous pouvons vraiment transformer. C’est le terrain où la démocratie retrouve son sens : celui de décider ensemble de notre façon de vivre. Assumer sa ruralité aujourd’hui, c’est s’assurer qu’elle développe des dynamiques qui réencastrent ses activités économiques, écologiques et sociales dans leur territoire, au service prioritaire d’un mieux vivre de ses habitants. L’heure a peut-être sonné d’être attentif à ces dynamiques plutôt qu’à cette vision dominante globale qui entre en contradiction totale avec les intérêts d’une qualité de vie locale, tant environnementale que sociale. Alors, on parie ? Pas besoin de grands bouleversements. Juste des gestes simples : acheter à un producteur du coin, participer à un atelier, emprunter un sentier de randonnée, rejoindre une initiative citoyenne, collaborer, aider, se tendre la main. Si Pascal avait raison sur une chose, c’est que face à l’incertitude, le plus rationnel est de choisir ce qui nous fait gagner dans tous les cas. Bonne année 2026. L’année où nous parions sur nous-mêmes, sur nos voisins, sur notre territoire. L’année où, de notre côté, nous transformons notre dynamique de citoyens bénévoles à travers BVBR en une dynamique de citoyens entrepreneurs à travers la coopérative des Serres, dans laquelle chaque habitant, structure associative, entreprise du territoire peut devenir coopérateur et participer ainsi à notre projet. Corto Fajal, Co-président de BVBR Vie du tiers-lieu C’est le moment de renouveler son adhésion Et nous voilà repartis pour une nouvelle année, c’est le moment de renouveler les adhésions à BVBR. Pourquoi adhérer ? Les raisons ne manquent pas : soutenir une dynamique citoyenne, profiter des moments partagés tout au long de l’année, randonner sur les sentiers de la Grande Traversée de Bretagne Romantique et plus encore. Pour renouveler votre adhésion, rien de plus simple, suivez le lien. Formulaire d’adhésion Galette des rois le 16 janvier Le vendredi 16 janvier, nous sommes heureux de vous inviter à venir partager une galette des rois aux Serres à partir de 18h. Ce moment convivial sera l’occasion de nous retrouver, d’échanger… et de découvrir quelques nouveautés importantes pour la vie du Tiers-Lieu. Nouveau ! Ateliers biodiversité à partager en famille Des ateliers nature parents-enfants (8 à 15 ans) sont proposés de février à septembre : un cycle de 10 séances, chaque mercredi après-midi, pour vivre une véritable aventure naturaliste. Au programme : découverte du bocage et de la biodiversité, observation de l’avifaune, exploration des milieux aquatiques, immersion sensorielle en pleine nature. Les participants auront l’occasion d’observer les pollinisateurs, de construire une mare, de partir en affût, de créer du land art et d’apprendre à regarder, écouter, sentir et comprendre le vivant. L’activité nature, proposée de 14h à 16h, se prolongera avec un atelier créatif suivi d’un goûter. Cycle complet (10 mercredis) : 100 € À la séance : 12 € Infos et inscription Les Mercredis aux Serres Tout au long du mois de janvier, venez profiter des ateliers du mercredi de 14h à 17h. La particularité de ces moments partagés ? La gratuité (avec adhésion annuelle de 5€), la simplicité et la convivialité. Ces ateliers sont ouverts à tous et à toutes, quel que soit votre âge (les enfants doivent être accompagnés). Dates à retenir Mercredi 7 janvier de 14h à 15h30 : Atelier créatif « de jolis cadres réalisés avec des petits riens » Vendredi 16 janvier à 18h : Galette des rois Mercredi 14 janvier de 14h à 17h : Séance ludique « Venez mener l’enquête » Mercredi 21 janvier de 14 à 17h : Café Papote “Partageons nos astuces et recettes de cuisine” Mercredi 28 janvier de 14h à 17h : Jardin Mandala Brin de culture Des idées pour bien débuter l’année ! À visiter : Le Muséum national d’Histoire naturelle fête ses 400 ans !Lieu incontournable pour les petits et les grands à Paris, le Muséum national d’Histoire naturelle souffle en 2026 ses 400 bougies. Si le Jardin des Plantes et la Grande Galerie de l’évolution valent à eux seuls le détour, cette vieille institution cache à la fois un centre de recherche, d’enseignement et un pôle majeur d’expertises et de préconisations. Aux avant-postes de l’alerte environnementale, le Muséum compte bien porter encore longtemps l’urgence de penser le vivant dans sa globalité. Émerveiller, instruire, agir reste son mot d’ordre ! Allons-y ! À lire : Prélude à la goutte d’eau, chez Gallimard Rémi David est à la fois écrivain et magicien, c’est pas banal. Ce praticien et théoricien de la magie fait paraître en janvier son deuxième roman, tendance thriller écologique et combat idéologique. En matière d’enchantement, son protagoniste, Erik Dolomont, n’est pas en reste. Il profite d’un vide juridique et s’approprie un iceberg qu’il fait charrier depuis le pôle jusqu’au Maroc pour en revendre l’eau douce au prix fort. Tendu et édifiant ! Prélude à la goutte d’eau, Rémi David, éd. Gallimard, 336 p., 22€ À écouter : Nos forêts voisines En 2026, formulons le voeu de tendre une oreille plus attentive aux bruissements du vivant, notamment ceux de nos forêts communes. En France, on aurait tendance à les penser tranquilles, prospères, voire immobiles et éternelles… C’est oublier combien l’écotope forestier vit sur un équilibre fragile et fluctuant. C’est son ADN en vérité. On peut appeler ça la robustesse. Le botaniste Francis Hallé, qui nous a quitté début janvier, en était l’un des explorateurs : le voyage immobile pour entendre ce que le vivant a de plus beau à nous offrir. Allons-y écouter, de jour comme de nuit, été comme hiver, la tête haute vers les cimes !