Les jardins de Clarisse : le sens du défi

Clarisse a un jardin, un grand jardin… et un petit bout de paradis. Celui qu’elle s’est construit en décidant, à 50 ans, de créer son exploitation en tant que maraîchère bio. Sacré challenge qui est dans la lignée des choix que Clarisse a fait tout au long de sa vie. Une sorte d’aboutissement naturel.

Fille d’agriculteur, le lien à la terre s’est incarné très tôt dans la vie de Clarisse. Après des études en lycée agricole à Saint-Aubin du Cormier, elle s’installe en GAEC avec deux associés dans une exploitation conventionnelle mais raisonnée. La production laitière et l’élevage de volaille en plein air en étaient les principales activités. Au bout de 25 ans, une mise aux normes nécessaire mais coûteuse la décourage et met fin à cette entreprise. Qu’à cela ne tienne ! Clarisse ne manque pas de ressources. Elle trouve rapidement un emploi en tant que responsable des espaces verts dans la commune de Saint-James. Ce poste sera un tremplin pour aller vers une activité plus en lien avec ses valeurs car la commune a fait le choix du « zéro phyto » qui sera pour elle l’occasion de se former et de prendre conscience de voies alternatives plus respectueuses de l’environnement. La commune parlant de supprimer des postes, Clarisse décide de se lancer une bonne fois pour toute dans une activité où elle ne dépendra de personne. C’est à ce moment là que naît l’idée de cultiver des légumes bio. Une formation de maraîchage bio en poche, elle prend alors trois années de disponibilité et part en quête d’un terrain à proximité de Rennes. Pas si facile ! Il faudra un an et demi de prospection pour enfin trouver la perle rare dans la commune de la Chapelle-Chaussée. Mais là, véritable coup de cœur pour les 12 hectares, alors complètement en friches, sur lesquels elle décide de s’installer. Tout était à faire : beaucoup de choses à mettre en place, à penser… mais ce n’est pas cela qui la décourage. Complètement boostée à l’idée de mener seule sa barque, Clarisse, qui a le goût du défi, lance son exploitation en août 2017. Malgré une concurrence croissante dans le maraîchage, la clientèle des Jardins de Clarisse prend son essor, notamment via les comités d’entreprises, les restaurants et le campus de Beaulieu qu’elle alimente en légumes, le tout complété par un système de drive qui trouve un écho sur le plan local.

Alors que l’activité se stabilise, la crise sanitaire met un coup d’arrêt à la distribution chez les clients habituels. Du jour au lendemain, il faut trouver de nouveaux moyens d’écouler la production. Le marché ambulant de BVBR est l’une des solutions qui arrive à point nommé pour Clarisse ainsi que deux AMAP locales venant compléter la vente sur place à l’étal. Les projets de Clarisse : la création d’un poste pour la seconder et investir pour répondre à une demande qui tend à s’accroître.

Crédit photos Estelle Boué https://www.estelleboue.com/

Top